Equipe synodale

Synthèse du travail de l’équipe synodale de Notre Dame de l’Arche d’Alliance

Janvier – Mai 2015

 

CONTEXTE

 

Une équipe de 11 paroissiens d’âges et de situations très différentes (couples, célibataires, divorcés) se sont retrouvés avec parfois le Père Vincent, parfois sans lui, six fois entre janvier et mai 2015 dans le but de :

a) Lire le texte intitulé «  rapport final du synode extraordinaire » – « Relatio Synodi » – daté du 18 octobre 2014. C’est un texte de 62 articles, synthèse de ce synode et esquisses d’actions à mener proposées par les Pères synodaux.

b) Commenter ces textes afin que chacun exprime sa compréhension et son ressenti en fonction de son histoire personnelle, et confronte sa perception au regard bienveillant et critique des autres membres du groupe.

c) Faire ressortir quelques points importants sur lesquels la prochaine session, dite ordinaire, du Synode qui se tiendra à Rome du  4 au 25 octobre - devrait accentuer ses travaux.

d) Réaliser la synthèse ci-dessous, destinée au Diocèse, et proposer quelques actions concrètes à mettre en place sur la Paroisse, à qui l’équipe présentera ce travail à la rentrée d’octobre au moment de la session à Rome.

 

SYNTHESE

 

Dans ce document, l’Eglise constate avec lucidité que la famille «  idéale » d’un père, d’une mère et d’enfants ne constitue plus du tout l’unique représentation de la famille de 2015 et cela à travers le monde.

De multiples situations, plus ou moins proches de cette représentation «  idéale » apparaissent pour des raisons multiples et variées.

La trame de ce document permet de lister d’une façon quasi exhaustive ces situations et d’en exposer les dangers, les limites tant d’un point de vue anthropologique que de celui de la doctrine de l’Eglise.

Il ne s’agit pas tant de susciter des remèdes afin de restituer une situation antérieure idéale, mais de partir de la situation réelle du terrain et de permettre à l’Eglise d’annoncer la réalité du message évangélique dans toute sa  bienveillance et son exigence à ceux qui se sentent extérieurs, voire rejetés, et vivent des situations que l’Eglise récuse dans son enseignement, dans sa doctrine, mais que de nombreux pasteurs accompagnent déjà du mieux qu’ils peuvent à travers une pastorale adaptée, mais que d’aucuns jugent encore trop timide.

Car la doctrine de l’Eglise y est rappelée notamment au travers de points très précis et intangibles comme l’indissolubilité du mariage (art 21).

Cette exigence est assortie de nombreux textes prônant la nécessité de la mise en place en amont d’une préparation au mariage conséquente et principalement sur la prise de conscience de la gravité et de la grandeur de cet acte «  sacré » dont l’originalité semble se diluer dans la banalisation du mariage civil galvaudé et à durée limitée aux sentiments « adulescents ».

 

L’accueil des situations les plus diverses est bienveillant, mais il se heurte aux exigences actuelles de la doctrine de l’Eglise, rendant incompatible l’accès aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation pour les personnes divorcées et ayant contractées une nouvelle union civile.

Les nombreux points soulignés, comme la « facilité » de constater la nullité d’une union, les fondamentaux n’ayant pas été présents au jour du mariage pour permettre une nouvelle union, donnera satisfaction aux conjoints mais va blesser les enfants issus d’une «  non-union ».

La société actuelle dans sa quête permanente à l’hédonisme et au « toujours plus », au moins en Occident, contribue d’une façon très conséquente à l’apparition d’un égoïsme destructeur au sein des familles.

 

Deux points essentiels reviennent en permanence dans les propos de tous les intervenants :

1) L’accueil des divorcés remariés afin de leur permettre et selon quels critères l’accès aux sacrements dont ils sont exclus actuellement.

2) La miséricorde dont le Pape a annoncé qu’elle serait au centre d’une année débutant le 8 décembre prochain, peut-elle s’inscrire davantage encore dans l’Eglise dans le travail d’accueil de ceux et celles que la situation semble exclure alors que le Christ répète dans les Evangiles en paroles et en actes qu’il est venu pour les malades, les exclus et qu’il soigne ces mêmes malades et ressuscite les morts (Lazare, la fille de Jaïre).

 

D’autres points ont été abordés plus ponctuellement mais font également l’objet des préoccupations et des avis – éventuellement divergents – des membres de l’équipe. Quelques-uns de ces points sont présentés ci- dessous :

1. L’interprétation de l’encyclique Humanae Vitae, dans laquelle le magistère aborde la régulation des naissances. : pose-t-elle encore problème en voulant être appliquée, ou est-elle totalement ignorée, ce en quoi elle serait alors éludée ? Autre hypothèse, elle serait parfaitement suivie avec comme conséquence des naissances non prévues et sources de fatigues pour les familles.

Dans tous les cas de figure, son existence n’aurait plus de raison d’être selon certains. Pour d’autres, elle aurait toute sa raison d’être et serait un guide à conserver.

2. L’accueil dans l’Eglise des personnes chrétiennes homosexuelles. Sur ce point, le témoignage de deux membres d’une association de personnes homosexuelles souhaitant vivre leur foi en Jésus Christ (Devenir Un en Christ) a été particulièrement marquant pour plusieurs membres de l’équipe.

3. La préparation au mariage, qui pose la question de la solidité de la préparation pour donner les moyens de vivre un couple durable ; ce point soulève également la question de la continuité dans le parcours des jeunes (par opposition à un « avant » et un  « après » le sacrement trop radicalement différents) et celle de l’accueil des couples plus loin de l’Eglise, pas nécessairement mariés, envisageant le mariage ou cherchant un point d’appui pour leur vie de couple.

 

Quelques mesures concrètes envisagées et proposées par le groupe de travail à mettre en œuvre à la paroisse :

  • Organisation d’une messe avec proposition de « ‘communion spirituelle’ sans communion sacramentelle » mais devant le Saint-Sacrement exposé cinq minutes afin que les fidèles qui acceptent cette démarche manifestent leur fraternité avec ceux qui ne peuvent communier autrement. Ce sera aussi l’occasion de rompre la routine et de redécouvrir par la suite la grâce propre de la communion sacramentelle.
     
  • Muscler la préparation mariage en insistant sur l’indissolubilité et la prise de conscience de la richesse de cette réalité plus que d’une entrave ou d’un inconvénient comme veut le démontrer la société civile.
    Dans cette optique faire percevoir que la découverte de son conjoint dure une vie entière et que le conjoint de 30 ans n’a rien à voir avec celui de 50 ans après vingt ans de partage et de découverte. Tout recommence chaque matin…
     
  • Partage d’expérience pour des couples après 10-15 ans de mariage – type Tandem Senior
     
  • Rencontre entre des couples de 10-15 ans de mariage et d’autres de 20-30 ans et plus de mariage, dans le but de se raconter mutuellement et d’échanger sur des situations et ou des thèmes récurrents.
     
  • Soirées témoignages de personnes divorcées, homosexuelles, ayant choisis de rester fidèles aux enseignements de l’Eglise.
     
  • Groupe de jeunes (15-25 ans, adolescents, jeunes adultes, scolaires et étudiants) avant EVEN (jeunes professionnels), pour se retrouver et proposer des actions communes (visites aux personnes seules, âgées, malades…) pour créer des liens autour d’un bénévolat d’action sociale.
    Soit sur la paroisse, soit en invitant plus largement, et aussi en proposant aux jeunes de rejoindre des structures existantes au-delà de la paroisse

 

    Paris le 24 mai 2015